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Les temps « antiques » (1er – 5° s. ap J.C.)

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Le Moyen-Age (VI° - X° siècle)

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L''apogée du Moyen-Age (XI° - XV° siècle)

 

La Guerre de Cent Ans

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Le siège de Compeyre :
22 juin – 17 juillet 1369

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Les guerres de religion et le déclin

 

Les XVII° - XVIII° siècles

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La Révolution

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Les XIX° et XX° siècles


Les temps « antiques » (1er – 5° s. ap J.C.)

Les sources sont incertaines. On peut toutefois affirmer qu'un oppidum gallo-romain occupait la colline de l'Ermitage, au nord de Compeyre, et portait le nom d' « Avaruéjouls » (le suffixe « ouls » est typique des racines celtiques). D'autre part, la tradition orale soutient que dans la vallée se trouvait une cité gallo-romaine, ornée de belles villas mais aussi de succursales de la cité potière de la Graufesenque, ce qui expliquerait la découverte de poteries lors de certains travaux… Cette cité aurait été détruite par le passage des invasions barbares, notamment celle des Vandales, au VI° siècle de notre ère. Les habitants se seraient alors réfugiés sur les hauteurs. D'où l'occupation du site de Compeyre.


Figure 2 : La colline de l'Ermitage



Le Moyen-Age (VI° - X° siècle)


Figure 3 : Pierres en « arête de poisson »

De ce très haut Moyen-Age (VI° - X° s) nous n'avons aucune trace. Sans doute, comme dans beaucoup d'autres lieux, des constructions en bois. Et puis au IX° siècle, un témoignage de constructions en pierre avec les pierres en « arête de poisson » que l'on retrouve dans le rempart nord-est, typique de l'époque carolingienne.


C'est sans doute à cette lointaine époque qu'est né le nom de « Compeyre ». Les hypothèses à propos de ce nom sont variées. La plus simple : « montagne de pierres » qui s'expliquerait par le très grand nombre de rochers sur lesquels est bâti le village.


Figure 4 : Blason de Compeyre

Autre hypothèse, issue du blason de Compeyre : « d'azur aux trois lettres P, majuscules d'or posées 2 et 1, au chef à trois fleurs de lys d'or », et qui repose sur un jeu de mots : Cum petres = Cum tres P : avec trois P. Dernière hypothèse, la plus curieuse, mais non la moins intéressante : les trois P auraient en fait été, au Moyen-Age, les trois « clés de Saint Pierre », marque de la protection du plus puissant de tous les saints. (D'après André SAUTOU, causerie de Mr FRAYSSENGE aux « Amis de Compeyre »).



L'apogée du Moyen-Age (XI° - XV° siècle)

Dans cette période, les sources sont plus nombreuses.

Des seigneurs au roi de France :
Le premier texte connu date de 937 : Compeyre est le siège d'une viguerie dépendante du vicomte de Millau et déjà une place forte importante. Elle s'émancipe de la tutelle de Millau en 1187, pour des raisons mal connues, mais qui contribueront à exacerber la rivalité entre les deux « villes ». Compeyre est alors dirigée par des Seigneurs, parfois des « co-seigneurs », situation assez commune dans le midi de la France. En 1310, les deux co-seigneurs de Compeyre, concluent un accord avec le Sénéchal du Rouergue, représentant du Roi de France, qui achète la juridiction du château de Compeyre. Le Roi a alors toute autorité sur la ville et ses dépendances, de Carbassas à Lugagnac.

L'époque royale :
En 1339, le roi Philippe VI octroie une charte à Compeyre, qui devient « ville royale » : la ville est administrée par quatre consuls élus, assistés de 40 conseillers. Les consuls se réunissent à la maison commune, veillent aux intérêts de la ville, collectent les impôts, administrent l'hôpital et rendent la justice au nom du roi. (l'un des consuls est « juge royal »). C'est à cette période que Compeyre est à son apogée. La ville et ses faubourgs (Aguessac, Paulhe, Carbassas et divers nombreux écarts) comptait 500 « feux » (environ 2500 habitants).



Figure 5 : Vestige des fortifications


Elle comportait un fort bâti en haut de la cité, poste de garde militaire, entouré d'imposantes fortifications dont on peut voir encore quelques vestiges ; notamment, du côté du levant, une tour de l'enceinte.


En raison des attaques successives que la ville eut à subir, on construisit une triple enceinte dont il reste certaines tours ou murs inclus dans les habitations.



L'ancienne église dédiée à Saint Vincent, martyr, diacre de Saragosse au III° siècle, patron des vignerons, était accolée au fort à demi enfoncée dans la terre. Elle était composée d'une grande voûte soutenue par de gros piliers. Au-dessus, il y avait une vaste pièce qui servait à la fois de forteresse et de prison.


Figure 6 : Vestige de l'ancienne église

Le château était la résidence des seigneurs de Compeyre, particulièrement de la famille d'Armagnac. La cheminée monumentale de cet édifice comportait encore, au début du XX° siècle, les armes de cette famille.



D'ailleurs, au Moyen-Age, la ville était un « nid de nobles » qui appréciaient aussi bien son climat que son vin. Construite sur un éboulis de rochers, ses caves à fleurines étaient très réputées pour la conservation (« l'élevage ») d'un vin dont la réputation dépassait largement les limites de la contrée.


Figure 7 : Chateau de Compeyre restauré



Figure 8 : Cave à fleurine


Figure 9 : Puits des ''Anglais''

L'impôt du « souquet », établi en 1367 et jusqu'en 1439, sur toutes les transactions en vin, rapportera certaines années plus que les impôts locaux et contribuera à la prospérité de la ville.
La ville possédait un four et un puits communal (dit des Anglais) magnifiquement bâti et qui existe toujours.

Les habitants payaient une rente en nature mesurée au sesteyral (série de mesures de pierre remarquables par leur état de conservation et leur nombre). Elles datent d'environ 1200 et se trouvaient alors sous la halle. Elles servaient aussi aux transactions de grains entre particuliers et témoignent de l'importance des foires et des marchés de cette époque. Leur usage n'était pas gratuit. Le préposé à ces mesures prélevait un « cert », somme variable suivant la quantité mesurée.


Au bord du Tarn, à l'emplacement actuel du cimetière d'Aguessac, il existait primitivement une abbaye bénédictine. L'église matrice de Sainte-Marie de Lumenson était romane à 3 nefs. Pons d'Etienne, évêque de Rodez, la donna en 1082 à l'abbaye Saint-Victor de Marseille. En 1313, les religieux de Lumenson furent remplacés par des prêtres séculiers appelés « Panetiers », sans doute parce qu'ils étaient entretenus par le produit du bénéfice du monastère qui leur fournissait le blé et le pain. Ces panetiers, au nombre de quatre, avaient pour supérieur le curé du lieu, menaient une vie monacale et assuraient le service de Pailhas, Compeyre et Carbassas. Le 4 juillet 1532, l'évêque Georges d'Armagnac transféra le curé et les panetiers à l'église Saint-Vincent de Compeyre. Bien sûr, comme toute la contrée, la ville eut à souffrir l'épidémie de peste de 1361-62, des incursions des routiers et des brigands mais, à la veille de l'occupation anglaise, elle jouissait d'une bonne prospérité.


Figure 10 : Le Sesteyral


 
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